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Horaire

Lieu LISN Site Belvédère

Spécification d’un logiciel de traduction assistée par ordinateur à destination des langues signées

Soutenance de thèse de Marion Kaczmarek

Orateur : Marion Kaczmarek

Composition du jury

  • Annelies Braffort (Directrice de recherche, LISN-CNRS, Université Paris-Saclay) – Directrice de thèse
  • Michael Filhol (Chargé de recherche, LISN-CNRS, Université Paris-Saclay) – Co-encadrant de thèse
  • Laurence Meurant (Chercheuse qualifiée FNRS,  Institut NaLTT, LSFB-Lab, Université de Namur) – apportrice
  • Pierrette Bouillon (Professeure, Faculté de Traduction et d’Interprétation, Université de Genève) – Rapportrice
  • François Yvon (Directeur de recherche, LISN-CNRS, Université Paris-Saclay) – Examinateur
  • Florence Encrevé (Maîtresse de conférence, SFL-CNRS, Université Paris 8) – Examinatrice

Mots-clés

Traduction assistée par ordinateur – Traduction – Langue des signes

 Résumé de la thèse

La traduction tient une place importante dans notre société, où la communication et le partage de l’information sont centraux. Pour aider les traducteurs dans leur tâche, les logiciels de traduction assistée par ordinateur (TAO) ont vu le jour dans les années 70, et fournissent une assistance au cours du processus de traduction. Ces logiciels se sont développés et améliorés au fil des années, au point qu’aujourd’hui, leur maîtrise est un pré-requis dans le domaine de la traduction professionnelle. Ces outils ne sont cependant pas en mesure de prendre en charge la traduction des langues des signes (LS), et ce malgré un nombre non-négligeable de locuteurs d’une part, et les encouragements sinon les obligations de la législation d’autre part. En effet, en France depuis 2005, la langue des signes française (LSF) est reconnue comme langue à part entière, et la loi stipule depuis lors le droit pour tout citoyen de jouir d’un accès total à l’information du domaine public Comme la plupart des outils numériques actuels, les logiciels de TAO reposent exclusivement sur les langues écrites. Si ces logiciels ont réellement révolutionné la traduction de l’écrit, alors pourquoi pas celle des langues signées, pour laquelle la demande est croissante ? Comment pourrait-on adapter la TAO aux langues des signes ? Quels sont les noeuds lorsqu’il est question de passer de la TAO de l’écrit à la TAO des LS ?

Cette thèse se propose de (1) identifier les fondamentaux de l’assistance informatique à la traduction, c’est-à-dire les points clés sur lesquels reposent ces logiciels, et les innovations importantes qu’ils ont pu apporter ; (2) comprendre le processus de traduction des langues des signes : quelles étapes, sont-elles systématiques, dans quel ordre ? ; (3) faire le lien avec les besoins des professionnels du domaine, proposer une première spécification logicielle pour la TAO des langues des signes ; (4) développer de premiers prototypes d’outils, et proposer un protocole pour leur évaluation. Sur la base d’un corpus vidéo de traducteurs à l’oeuvre, d’un corpus bilingue français/LSF de brèves journalistiques, ainsi que les résultats de plusieurs consultations avec des professionnels de la traduction, cette thèse apporte trois contributions.

Dans un premier temps, nous avons identifié les tâches constitutives du processus de traduction des LS en analysant des vidéos de traducteurs au travail. Nous avons également pu faire émerger non pas un ordre strict, mais malgré tout une forme de précédence dans l’exécution de ses différentes tâches. En partenariat avec d’autres professionnels de la traduction, nous avons fait émerger une liste de besoins propres au métier, et auxquels la TAO serait à même de répondre. La seconde contribution de cette thèse correspond à l’élaboration d’un cahier des charges relatif à la création d’un outil de TAO destiné à la traduction des LS. En reprenant les fondamentaux du fonctionnement des logiciels de TAO, ainsi que les nécessités induites par l’utilisation de la LSF, nous avons proposé une première spécification pour le développement d’une assistance informatisée adaptée. Nous proposons également deux prototypes qui suivent ces recommandations. Le premier est un concordancier français-langue des signes française. Le second est un environnement de travail intégré, à l’image des logiciels de TAO existants, et dans lequel le concordancier est intégré. La troisième contribution réside dans les méthodes d’évaluation et les évaluations elles-mêmes des outils développés. Cette évaluation se divise en deux aspects : un retour subjectif sur l’utilisation de l’outil, et un retour objectif quant à ses performances, au moyen de l’évaluation de la qualité de la traduction. Elle permet de mettre en avant les modifications à apporter aux prototypes, mais également au protocole d’évaluation lui-même.

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